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Chapitre 7 Une douleur sourde le sortit de sa torpeur. Il avait l’impression d’avoir pris une grosse charge sur la tête, passa sa main sur sa nuque et sentit une bosse qui commençait à poindre. Qui était entré chez lui ? Qui que ce fût, il avait mis à sac son appartement. Génial ! Il s’assit sur un coin du canapé et ne pensait qu’à une chose : celui qui était venu cherchait certainement quelque chose de précis, mais quoi ? Les CD avaient disparu, la femme du cimetière ne les avait pas sur elle. Cette histoire était de plus en plus étrange… Il commençait à évaluer un peu plus le danger de toute cette affaire. Déjà deux personnes étaient mortes. Il ne voulait pas être la troisième sur la liste, ni que quelqu’un de son entourage soit la prochaine victime. Il était temps d’appeler Cervin. — Allô ? Je voudrais parler au commissaire. Je suis Stéphane Marchand. — Il n’est pas là. De quoi s’agit-il ? lui demanda l’agent. — Mon appartement a été visité. Pouvez-vous lui donner mon message, s’il vous plaît ? C’est très important. — Attendez, je vous passe le lieutenant Moretti. — Moretti, j’écoute. — C’est monsieur Marchand. Mon appartement a été cambriolé et j’ai été assommé par le voleur. — Vous a-t-on dérobé quelque chose d’important ? — Non, je ne crois pas, je n’ai pas vérifié. Tout est sens dessus dessous. Le type est sorti en courant, j’ai dû le déranger. — Pouvez-vous nous me le décrire ? — Non, je n’ai pas eu le temps d’observer quoi que ce soit, il m’a poussé contre la porte et je suis tombé dans les pommes… — D’accord. Écoutez, dès que le commissaire rentre, on vous rappelle. — Merci. Ils raccrochèrent. Cela commençait à bouger un peu et à devenir intéressant. Déjà une semaine que le premier meurtre avait eu lieu et l’enquête avançait. Deux morts en quelques jours, cela faisait beaucoup pour un quartier comme la Défense, où des milliers de personnes se croisaient et travaillaient. Évidemment, comme toujours en pareil cas, les témoins ne se bousculaient pas. Cette affaire sentait de plus en plus mauvais. Qui était donc cette femme qui avait été tuée et quel rapport avait-elle avec la première victime ? Stéphane avait un peu de mal à suivre, d’autant plus que la police n’avait pas, elle non plus, trouvé quoi que ce soit qui aurait pu les mettre sur une nouvelle piste. Stéphane attrapa le téléphone, juste au moment où le commissaire l’appelait et il entendit un léger grésillement. Il n’y avait pas prêté attention lors de son premier appel. — Monsieur Marchand ? — Bonjour ! Puis-je vous rappeler ? On sonne à la porte. Il raccrocha. Ce grésillement dans l’appareil l’inquiétait un peu. Il dévissa le combiné et y trouva un micro. Légèrement surpris, compte tenu du cambriolage récent, il le retira et le mit au fond de son aquarium. Puis, il fit le tour de l’appartement, mais ne vit rien d’autre de suspect. Il prit sa veste et sortit. Dehors, après avoir fait quelques pas, il sortit son portable de sa poche de veston et appela le commissaire sur sa ligne directe. — Cervin, j’écoute. — Commissaire, Stéphane Marchand à l’appareil. J’ai besoin de vous. — Que se passe-t-il ? — J’ai trouvé un micro dans mon téléphone fixe. — OK, on arrive. Ils raccrochèrent et Stéphane remonta chez lui. Il allait devoir changer sa serrure. Une demi-heure plus tard, la police arrivait. Ils entrèrent avec tout le matériel nécessaire pour détecter les écoutes téléphoniques et autres. Il avait l’impression de faire partie du casting d’une série américaine.